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Cultures & Pays Management Interculturel
Décoder la culture brésilienne
5 mars 2015
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Le Brésil est une société relativement moderne, capitaliste, ouverte à la technologie, où la plus grande partie de la population est chrétienne. Mais comment décoder la culture brésilienne ?

Ce sonDéoder la culture brésiliennet des caractéristiques qui, clairement, rapprochent cette société de celles d’Europe occidentale, et notamment de la France. Cependant, l’appréhension de la culture brésilienne, unique de par ses origines multiculturelles, peut réserver bien des surprises, en particulier sur le plan professionnel.
Les Brésiliens peuvent se révéler très différents de nous, Français, dans leurs manières de penser, de communiquer et de travailler. Ainsi, pour éviter tout faux pas, tisser un lien de confiance durable et garantir le succès d’un projet au Brésil, il est fortement conseillé de posséder les outils nécessaires au décodage et à l’appréhension de la culture brésilienne.

Nouer les premiers contacts

Le premier contact est le plus souvent très spontané et chaleureux de par la convivialité naturelle des Brésiliens, y compris dans la sphère professionnelle.

Cet art de l’accueil peut même nous apparaître intrusif, à nous Français, tant la distance interpersonnelle est réduite. Par exemple, il est parfaitement naturel au Brésil de saluer « doublement », la bise ou la poignée de main étant le plus souvent accompagnée d’une accolade, sans intention particulière.

Cette distance interpersonnelle, réduite par rapport aux mœurs françaises, se retrouve dans toutes les activités de la vie quotidienne.
Pour nouer le lien, il est donc important d’accepter et de pratiquer cet abraço, qui caractérisera le rapprochement et le lien amical avec l’interlocuteur brésilien. Il s’agira d’une étape évolutive vers une communication plus informelle et directe.

Dans la vie de tous les jours, comme dans le cadre professionnel, les Brésiliens se montrent généralement très disponibles et arrangeants : on voit rarement un Brésilien refuser de vous recevoir pour vous écouter et discuter, même s’il est occupé à faire autre chose… Il arrêtera ce qu’il est en train de faire pour se tourner vers vous.

Cette caractéristique culturelle rend les Brésiliens beaucoup plus « polychroniques » que les Français. En effet, dans le monde du travail, les Brésiliens sont tout à fait capables d’effectuer plusieurs tâches en même temps, avec cependant parfois certaines difficultés à établir des priorités ou à respecter rigoureusement des impératifs.

Cette disponibilité, l’étranger doit savoir la reconnaître, la respecter, mais surtout la refléter pour ne pas blesser, le moment de la réciprocité venu. Tout cela bien sûr dans les limites imposées par la rigueur professionnelle, rigueur dont la définition même se retrouve donc parfois en débat.

Dans ce contexte, un manager étranger plutôt orienté « résultats » au détriment d’un management plus « participatif », pourrait instaurer des relations trop formelles. Dans une culture où l’esprit de groupe et les relations humaines ont de l’importance, cela entraînerait un climat de tension défavorable et contre-productif.

Se mettre à l’heure brésilienne

Une autre notion importante, car quotidienne, à intégrer rapidement, est la différence de rapport au temps entre les Brésiliens et les Français, les premiers ayant un sens très relatif de la ponctualité. Rarement un Brésilien arrivera à l’heure à un rendez-vous, sans pour autant avoir le sentiment d’être en retard. C’est ainsi que va le train brésilien, sans horaire précis de départ ni d’arrivée, et l’étranger n’a d’autre choix que de s’y faire pour ne pas « y laisser tous ses cheveux ».

Développer son réseau

Cette proximité et cette convivialité permettent de développer rapidement des cercles de connaissances et d’intégrer plus facilement des réseaux d’affaires. Au Brésil, ces réseaux sont incontournables pour se construire socialement et professionnellement sur le long terme.

De manière générale, les rapports humains sont donc moins protocolaires qu’en France, à tel point que même certaines règles établies apparaissent discutables, voire contournables. En effet, dans un pays régi par une administration nébuleuse, on peut être rapidement frappé de découvrir qu’il semble toujours exister un jeitinho (littéralement, « petite façon de faire »), sorte de moyen parallèle d’obtenir simplement ou plus rapidement quelque chose d’a priori présenté comme impossible. Cette notion, apparemment dénuée de vertu, semble alimenter l’inébranlable positivisme brésilien.

A contrario, il sera d’autant plus important, dans la sphère professionnelle, de bien poser le cadre pour ne pas laisser, là où il n’y en a pas, de place à ce jeitinho

La suite de cet article sera publiée le mois prochain…

Guillaume Sarrazin, consultant Akteos, leader des formations interculturelles
Prochain article : L’art de communiquer avec les Brésiliens
Cet article a été publié dans la revue ACCOMEX n’110-111

Au sujet de l'auteur

Guillaume Sarrazin

Guillaume Sarrazin

Guillaume Sarrazin est consultant, expert de l'Amérique latine et particulièrement du Brésil, spécialiste dans la veille économique du marché brésilien et en formation interculturelle sur le Brésil. Diplômé en Intelligence économique et conférencier auprès de la FIA / FIPE (International MBA, écoles brésiliennes en Management). Co-auteur d'un ouvrage en management interculturel brésilien "Bien communiquer avec vos interlocuteurs brésiliens" aux éditions Afnor.

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