EN  -  NL
Mobilité internationale
Sécurité des expatriés, les nouveaux défis
29 mai 2018
1
,

Sécurité des expatriésLes risques sécuritaires des expatriés

Tout collaborateur expatrié ou en voyage d’affaires s’expose à des risques sécuritaires, plus ou moins importants en fonction des pays concernés.

D’abord parce qu’il est loin de ses bases, donc de ses repères culturels et habituels.

Ensuite, parce qu’il devient une cible. Si l’on prend l’exemple d’un collaborateur français, on notera que comme tout Occidental, il représente, en soi, sur son territoire national mais encore plus en passant ses frontières, une valeur marchande. Celle-ci trouve sa traduction au mieux dans l’acte commercial dont il est un acteur, mais aussi un enjeu (le tourisme est fondé sur ce principe) ; à l’autre extrémité de la chaine commerciale, sa valeur peut aussi s’exprimer dans l’acte terroriste (kidnapping pour rançon ou chantage, assassinat pour obtenir un résultat politique) ; il est là également dans les termes de cet échange, non seulement un acteur passif mais surtout un enjeu et plus encore une victime.

Entre ces deux extrêmes de la palette de l’échange, sa valeur commerciale se décline selon les nombreuses formes de délinquance et de banditisme, (vol, extorsion, agression, cybercriminalité….). La sécurité des expatriés est donc devenue une priorité pour l’entreprise.

Cible identifiée ou d’opportunité ?

Ainsi les risques sécuritaires auxquels se trouve exposé un Français à l’international font de lui une cible identifiée ou une cible d’opportunité.

Le touriste, parce qu’il ne reste que peu de temps au même endroit, demeure une cible d’opportunité.

Le voyageur d’affaire et l’expatrié sont des cibles identifiées, car ils sont installés dans le paysage local : la régularité de leurs déplacements, la localisation de leurs emprises de travail ou de vie, leur environnement familial (conjoints, enfants) sont observés et connus.

Souvent parce qu’elles représentent de façon très emblématique la France ; il n’est pas exclu que l’hôtel Radisson de Bamako au Mali ait été ciblé par les terroristes d’Al Mourabitoune parce qu’ils savaient pouvoir y trouver l’équipage d’une compagnie aérienne française majeure. Dans ce cas précis, l’intention est avant tout politique.

A l’inverse, en 2015, une société française (moins emblématique) installée au Mexique, a vu deux de ses cadres victimes d’un enlèvement ; la teneur du marché résidait dans le versement d’une rançon payée en prothèses dentaires, secteur d’activité de l’entreprise. Personne en France n’aurait imaginé un tel échange : deux hommes contre des implants… Mais plus encore, la transaction ayant été réalisée, dans les jours qui ont suivi, les employés de l’entreprise ont tous été contactés et menacés en vue d’une rançon ; en effet, les téléphones portables confisqués aux deux victimes ont donné accès à l’ensemble des cadres et employés locaux. La direction France de l’entreprise a décidé de mettre sa filiale en sommeil.

Organisation de la sécurité des salariés

Changement de références culturelles

En amont de l’expatriation ou d’un déplacement d’affaire, une bonne part de la sûreté immédiate de chaque ressortissant repose sur la prise en compte de la notion d’ « expatriation culturelle ». Il s’agit de comprendre que le fait de franchir ses frontières peut correspondre à un changement d’environnement, parfois radical, au terme duquel les références culturelles, sociales, religieuses, coutumières ne sont plus les mêmes ; l’adaptation à ce nouveau cadre et l’adoption d’un comportement en adéquation avec celui-ci est le garant au premier chef d’une « bulle sécuritaire » immédiate autour de l’expatrié et de sa famille.

Protection des expatriés

Si le séjour touristique fait l’objet d’une préparation plus ou moins minutieuse sous la propre responsabilité du voyageur, l’employeur ne fait plus d’impasse sur la sécurité de ses salariés et l’organise sur plusieurs axes :

  • l’anticipation et la préparation : cela concerne l’analyse du risque pays, la sensibilisation correspondante (intervention en séminaire, induction par elearning, remise de « memento pays »…), les formations avant départ (dispensées aussi bien aux collaborateurs qu’à leur famille), le développement de logiciel de suivi des voyageurs, le référencement d’hôtels, etc. Pour couvrir tous ces aspects, les entreprises  peuvent faire appel à l’appui de sociétés de sûreté ;
  • dans les pays concernés, le recours à ces mêmes sociétés de sûreté offre à l’entreprise cliente, la garantie de la prise en compte de la sûreté de ses ressortissants de leur arrivée dans le pays à leur installation ; les secteurs couverts, à la demande, sont ceux de la coordination de la sûreté des installations (domiciles, sièges), des familles, des activités, des déplacements et des actifs.

Parce que le risque des expatriés est réel et que la nécessité de voyager l’est tout autant, les entreprises conscientes de la nécessité de protéger et d’accompagner leurs salariés à l’étranger, peuvent se doter aujourd’hui des moyens de mener leur activité dans les conditions garantissant de façon adaptée leur sûreté.

 François Plessy

Au sujet de l'auteur

François Plessy

François Plessy

Ancien officier supérieur de l’armée de terre, diplômé de l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, breveté de l’École de Guerre et de l’École Pratique des Hautes Études, François Plessy a effectué une carrière militaire principalement au sein de la Légion étrangère et des troupes parachutistes. Il a participé à de nombreuses missions extérieures avec l’armée française. Chef de corps du 2ème Régiment étranger de parachutistes de 2010 à 2012, il rejoint le cabinet du chef d’état-major de l’armée de Terre où il sert jusqu’en 2014. En septembre 2014, il prend la direction générale du Département sûreté - ESEI - au sein du groupe EPEE.

Il y a 1 commentaire

  • Bonjour
    Je trouve le thème très intéressant, et remercie François Plessy pour son article.
    intervenant surtout sur le sphère scandinave où le risque est très faible, je suis pourtant sensibilisée à la cause. Il y a 2 ans j’avais rencontré le Groupe Amarante qui assure la protection des biens, des personnes, des technologies et informations des entreprises dans le monde. L’un de leur dirigeants m’avait alors expliqué, que le plus grand danger vient de nous-mêmes, car en adaptant un comportement réfléchi, et en utilisant notre bon sens, bien des drames peuvent être évités.
    Il avait aussi dit que la personne qui risque le plus est l’homme d’une 40aine années, sur de lui, habitué aux succès et à diriger. Il ne mesure alors plus le risque car habitué à « tout contrôler ». Point de vue intéressant je trouve.
    Dans mon pays d’origine, le Danemark, la sécurité des personnes est telle, que les parents n’hésitent pas à laisser leurs bébés dormir seuls dehors devant les magasins.
    Bonne journée.
    Pia Abildgaard,
    Formatrice interculturelle France-Scandinavie

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Expatriation

    Les enjeux du retour d’expatriation

    Quel est l'impact de l'expatriation sur la carriè...

    Lire la suite
    Sécurité en Afrique

    Sécurité des expatriés en Afrique

    En quelques années, on constate un changement rad...

    Lire la suite
    Le Français vu d'ailleurs- Akteos

    Le Français vu d’ailleurs

    Avons-nous conscience des comportements français ...

    Lire la suite