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Écarts de langage culturels
22 octobre 2019
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Quiproquos culturels

Ecarts de langage culturelsNous vous présentons de nouveaux extraits des péripéties interculturelles que vous nous avez envoyées à la suite du jeu de l’été et nous vous en remercions.

Porteurs de significations différentes, les mots peuvent susciter des situations embarrassantes ou incongrues. Attention à l’humour et aux intonations !

« tchin tchin » au Japon

Lors d’un congrès au Japon, alors que nous nous souhaitions plein de bonnes choses en levant nos coupes de champagne, nos amis asiatiques sont partis dans un fou rire bruyant, nous laissant nous autres, Européens, pantois.

Finalement, nous nous sommes tous mis à rire sans comprendre la situation qui finissait par devenir embarrassante.

Enfin revenus à eux, nos amis asiatiques nous ont donné des explications : ‘tchin tchin’ sonne en japonais comme un des termes désignant le membre masculin.

A court d’idée, nous sommes repartis rapidement sur un deuxième verre afin de dissiper notre embarras collectif.

Morale de l’histoire : toujours faire attention à ce que l’on se souhaite. Un fou rire est si vite arrivé !

Kim R

Par la grâce de Dieu au Gabon

Il y a des mots et des expressions qui raisonnent de façon très différente, selon la culture où ils sont employés. Aux oreilles de certains, ils passent inaperçus, alors qu’ils sonnent comme des coups de feu aux oreilles des autres.

J’en ai fait l’expérience en 2017 en assistant à Libreville à une conférence sur un grand projet d’infrastructure du gouvernement gabonais.

L’intervenant, formé aux États-Unis, attaque sa présentation du plan stratégique comme le ferait un économiste occidental : diaporama, tableaux, dates, chiffres, prévisions, etc… Un discours de spécialiste bien présenté, rationnel, impeccable. Jusqu’au moment où il prononce la phrase suivante : « si par la grâce de Dieu, la construction du port GSEZ est achevée à temps… ».

Pardon ?!?!

Un rapide coup d’œil panoramique me permet de constater que je suis le seul à avoir tiqué. A part moi, il n’y a que des Gabonais dans la salle.

Et oui. Quand on est de culture française, et plus généralement occidentale, on a une perception très rationnelle des choses : la construction d’une infrastructure est question d’argent, de technologies, de RH, de management, de règlementations, de délais à respecter, etc. Mais, l’intervenant, qui a vécu et étudié aux États-Unis n’a pas pour autant oublié ses racines africaines, avec cette part qu’elles accordent à l’irrationnel, au sens positif du terme. C’est à dire non pas l’absurde, l’illogique, le fantaisiste, mais plutôt ce qui, malgré tous les efforts consentis, ne peut pas être rationalisé.

Il est question ici d’une forme de sagesse tout autant que de spiritualité, de cultiver l’idée qu’il y a quelque chose qui nous dépasse, qu’on ne peut pas tout maitriser, que l’imprévu fait partie de la vie et qu’il vaut mieux l’accepter.

Louis Belval

Le poids des mots, le choc des interprétations… et le casse-tête des prononciations

Les Français comme chacun sait sont coutumiers des bons mots et des calembours ; ce penchant peut facilement déboucher, si on n’y prête pas attention, sur des catastrophes ainsi que j’ai pu le constater à mes dépens, voici quelques années, à l’occasion d’un groupe de travail associant des collègues de nationalités différentes.

Du fait que j’avais précédemment vécu et travaillé en Afrique de l’Ouest, j’avais été placé en binôme avec un collègue Sénégalais pour conduire des réflexions sur un thème donné. Si mon camarade était incontestablement brillant et intelligent, force est de constater que son investissement personnel dans notre travail commun était « limité » car il passait plus de temps à plaisanter avec les autres équipes qu’à coucher sur le papier des idées.

Au bout de quelques heures, agacé par sa désinvolture, je finis après plusieurs rappels par lui dire sur le ton de la plaisanterie : « Tu es un vrai griot avec tes blagues… ».

A peine avais-je fini ma tirade que je le vis se refermer. Ce que je pensais être une boutade innocente venait en fait d’être perçu comme une insulte personnelle et familiale. Ainsi qu’il me l’expliqua un peu après, un tel propos de ma part était d’autant plus impardonnable que j’avais vécu dans son pays et que j’en connaissais les us et coutumes.

En effet, si le griot africain est un personnage qui passe son temps à plaisanter et amuser les gens de la rue, j’avais complètement oublié que cet amuseur public qui sait tout et peut tout dire sur tous, appartient dans les faits à une caste sociale qu’on méprise et que l’on craint tout à la fois. Le mot griot revêtant un double sens, j’avais commis un impair considérable en voulant faire de l’humour, mon collègue ne retenant de mon propos que sa connotation péjorative.

A part présenter mes excuses, chose que celui-ci accepta car il avait bon fond, il n’y avait pas grand chose à faire. Mais cela me servit de leçon et je me promis bien de tourner à l’avenir sept fois ma langue dans ma bouche avant de plaisanter à nouveau avec un étranger.

Parlez-moi sur un autre ton !

Vivant une partie de l’année en Thaïlande et ayant pour habitude de me promener dans la campagne autour de notre domicile dans un secteur où abondent les chiens, j’ai appris dès le début à demander aux gens si leurs chiens ne mordent pas. Régulièrement ma question générait des sourires amusés, accompagnés de dénégations et de longs commentaires dont le sens m’échappait vu mon faible niveau de maîtrise du thaï. Pensant avoir été compris, je poursuivais donc mon chemin en toute sérénité…

Un jour où mon épouse m’accompagnait, j’eus enfin l’explication : en fait à ma question de savoir si le chien ne mordait pas on me répondait généralement que le cheval (en l’occurrence non présent) ne mordait pas mais que le chien oui…

Le thaï étant une langue où le même « mot » peut en effet avoir jusqu’à cinq sens différents suivant la façon dont on le prononce, le mot « Ma » peut ainsi signifier suivant l’intonation donnée « chien », « cheval », « venir » ou « maman ». Bien entendu, lorsque je pensais demander si le chien ne mordait pas, je demandais en fait tout autre chose d’où l’hilarité générale des gens.

Une chose est certaine, je passe désormais dans la campagne avoisinante comme étant quelqu’un qui se méfie beaucoup des chevaux, ce qui est après tout une façon comme une autre de se faire connaître.

Jean Luc Martin

Au sujet de l'auteur

Akteos

Depuis 2003, Akteos guide ses clients dans un monde aux multiples facettes où la mondialisation et les nouvelles technologies de la communication rapprochent les cultures et confrontent nos valeurs. Avec ses 30 correspondants dans le monde et ses 300 consultants interculturels, Akteos propose des formations sur plus de 100 pays mais aussi sur du management, de la communication et du développement international.

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