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Cultures & Pays Points de vue
La culture du Digital Learning à travers les crises
17 mars 2020
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Du E-Learning au Digital Learning

Qui se souvient de la bulle Internet ?

A la fin des années 1990, c’est l’euphorie. Les « jeunes pousses » prolifèrent : plus elles perdent d’argent, plus leur valorisation augmente et plus elles lèvent d’argent !

C’est une course contre la montre, il faut avoir la meilleure idée en premier, on trouve facilement des moyens de financement, … On connaît la suite, le krach boursier en 2001. Il y a eu des gagnants et des perdants, la naissance de Google, Amazon, …

De l’enseignement à distance au E-Learning

Le terme de « E-Learning » est utilisé pour la première fois dans les années 90 mais les cours à distance existaient bien avant la micro-informatique et le lancement d’Internet. En 1840, Isaac Pitman propose un enseignement de la sténographie à distance. En 1954, un professeur d’Harvard met au point une « machine à enseigner ».

Dans les années 50 et 60 , l’enseignement par des machines connait une forte évolution. Au début des années 90, des écoles se créent pour diffuser des cours en ligne. Dans les années 2000, les entreprises commencent à former leurs employés avec ces nouvelles techniques.

Adoption du E-Learning selon les cultures

E-Learning AkteosLe E-Learning révolutionne les modes d’apprentissage, permet à un grand nombre de personnes d’accéder à l’enseignement, résout les difficultés de déplacement, favorise des gains de temps, génère des économies, etc. Que d’avantages !

Mais alors pourquoi est-il adopté par certaines cultures et boudé par d’autres ?

Aux États-Unis, le E-Learning s’est développé rapidement, dans les entreprises, les universités,…

En France, par exemple, il suscite des réactions contradictoires. Les utilisateurs apprécient le gain de temps, mais les cours en ligne remportent des succès mitigés, les nombreuses start-up n’arrivent pas toujours à convaincre les utilisateurs, …

L’approche interculturelle peut-elle nous apporter des éléments de réponse ?

Comparons les profils culturels américain et français.

1. L’application de la règle

Cette dimension culturelle nous donne un premier éclairage que l’exemple suivant illustre bien.
Interculturel France-USA (Akteos)Nous avons proposé les mêmes formations en Blended-Learning à des Américains et à des Français : 100% des Américains ont suivi la consigne donnée et ont suivi intégralement les modules E-Learning parce que c’était une étape du programme. 40% des Français ne les ont pas fait parce qu’ils estimaient que ce n’était pas indispensable, que ce n’était pas une priorité et qu’ils n’avaient pas le temps, …

2. La gestion du temps

La gestion du temps est en effet un élément déterminant.

Interculturel France-USA(Akteos)Aux États-Unis, elle est planifiée et rigoureuse. Si le E-Learning est inscrit dans l’agenda, il est effectué comme tout ce qui s’y trouve.

En France, l’agenda est plus flexible, la gestion des priorités vient souvent le bouleverser, les rendez-vous se déplacent, les réunions et les formations se reportent. On s’adapte aux circonstances et on a l’impression de toujours courir derrière le temps.

3. Les relations professionnelles

Une troisième dimension fondamentale vient compléter cette explication.

Interculturel France-USA (Akteos)Les Américains sont axés sur la tâche à accomplir alors que les Français sont davantage axés sur la personne. Le manque de contact humain dans la formation en ligne peut être engendrer de la frustration chez des Latins.

4. Le rapport aux études

Il y a peut-être aussi un autre élément : le rapport ambivalent des Français aux études.

D’un côté, ils sont gâtés. Ils bénéficient d’une éducation gratuite et du développement de la formation professionnelle depuis la loi de 1971.

De l’autre côté, ils gardent en mémoire un système éducatif contraignant qui met davantage l’accent sur ce qui ne va pas : « Peut mieux faire ! »

Aux États-Unis l’accès à l’éducation est cher, se mérite et repose sur les encouragements.

Le grand tournant avec le Digital Learning

Parmi les freins au E-learning, on peut ajouter la monotonie, le peu d’attractivité, l’ennui, … Au début, on se contente de filmer des experts, on ajoute un quiz, quelques exercices à trous et le tour est joué !

Avec le Digital Learning, un grand changement s’opère : on apprend en s’amusant et on s’amuse en apprenant ! Les modules sont courts, vivants, intéressants, ludiques ; les vidéos et activités sont variées, les outils collaboratifs permettent de ne plus se sentir isolé derrière son écran. Alors ça change tout et l’engouement augmente considérablement en France comme ailleurs.

Les formations à distance à travers les crises

Après le krack de 2001, la crise de 2008 oblige les entreprises à réduire leurs coûts, à limiter les déplacements et à multiplier les réunions virtuelles. Akteos crée de nouvelles formations comme « Relever le défi des équipes à distance« .

Aujourd’hui la crise sanitaire va développer le télétravail, les classes virtuelles, le Digital Learning. Les écoles sont fermées et les plateformes se mettent en place pour que tous les élèves puissent continuer à travailler et suivre des cours. Très jeunes, ils vont donc être sensibilisés aux cours en ligne. De nouvelles habitudes vont être prises.

Le Digital Learning va connaître une explosion. Pour l’adopter, il faut l’essayer et guider l’utilisateur en lui proposant des parcours personnalisés qui apparaissent sur son ordinateur lorsqu’il l’ouvre. Il n’aura même plus besoin de faire l’effort de se connecter au LMS de sa société.

parcours en digital learning (Akteos)Un parcours de formation facilement accessible, avec des modules en ligne ludiques, des classes virtuelles et des outils collaboratifs pour partager des expériences… Et tout cela à portée de main, sans effort !

La révolution digitale qui touche tous les secteurs, et particulièrement la formation, va nous aider à traverser la crise du coronavirus, à développer de nouvelles compétences, à découvrir des opportunités.

 

Et vous, comment appréhendez-vous le Digital Learning ? Comment est-il perçu dans votre culture ? Comment peut-il favoriser l’apprentissage et la diffusion de l’enseignement à un plus grand nombre de personnes ?

Au sujet de l'auteur

Laure Rostand

Passionnée par l’aventure interculturelle, Laure Rostand a créé Akteos pour développer l’approche interculturelle dans les entreprises et les accompagner à l’international. Après des études à l’IEP de Paris et à la Sorbonne en psychologie, elle a travaillé dans la banque en Espagne, puis dans les ressources humaines, avant de diriger des sociétés de formation et de traduction. Elle se consacre actuellement au développement d’Akteos en France et à l’international.

Il y a 3 commentaires

  • Nada Ghanem Nada Ghanem dit :

    La comparaison des dimensions interculturelles entre la France et les Etats-Unis est très pertinente. En effet, en tant que consultante inter-culturelle, les Français, bien qu’ils aient intégré le blended learning, privilégient en tout état de cause le présentiel puisque l’humain prime au virtuel. La réalité du terrain va-t-elle les obliger graduellement à changer ? Ou, y aurait-il résistance ? Si je dois, par ailleurs, comparer les Français aux Arabes du Golfe, on s’aperçoit que malgré l’idée reçue que cette population privilégie les relations humaines, elle est néanmoins très connectée et très axée sur le digital. Sommes-nous en train de ce fait d’assister à une transformation des habitudes culturelles ? Ou, face à l’urgence, les comportements sont exceptionnellement différents et une adaptabilité, de fait, s’impose ? Seul l’avenir le dira. Nous sommes en train de mener une étude dans ce sens dont les résultats vous seront communiqués dans les prochains mois.

  • Renée MEYER dit :

    On peut parler de l’importance aux américains de L’EFFICACITE, « efficient » en anglais, ce qui se traduit par un bon résultat dans le moindre du temps. Comparé avec le présentiel, le Digital Learning devrait produit un résultat en moins de temps et avec moins d’effort.

    Regardons l’exemple de la cuisine, un domaine qui se prêt facilement aux comparaisons interculturelles. Un américain typique va chercher à mettre de quoi manger sur la table le plus rapidement que possible. La qualité peut souffrir, mais il y aura quelque chose à mettre dans la bouche à l’heure voulu. En fait, le repas est souvent pris entre le retour à la maison et le départ pour la première réunion de la soirée, ce qui donne 20-30 minutes!

    Chez les français, par contre, l’importance est mise sur la qualité du repas. C’est important de prendre le temps pour chercher des produits de qualité et de les préparer avec soin. Je parle ici très généralement et c’est évident qu’il y a des fois où on n’a pas le temps de « faire la cuisine ». Les relations humaines se construisent pendant les moments du repas, qui peut durer.

    Au sujet de l’apprentissage digitale, c’est efficace. On n’est pas obligé de faire de l’effort ou de dépenser de l’argent pour se déplacer, pour chercher du matériel ou pour passer du temps à connaître les autres participants. Les français en général préfèrent d’échanger avec des participants dans la salle de classe et pourquoi pas prendre un apéro à la fin, pour que le cours rentre dans un cadre qui privilégie les relations humaines. C’est peut-être moins efficace mais certainement plus agréable.

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