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Jeux interculturels Témoignages
Confinement et classes virtuelles
20 octobre 2020
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Le premier prix du jeu de l’été organisé par Akteos sur les imprévus du travail à distance a été attribué à Sylvie Day qui raconte avec humour sa première classe virtuelle du confinement et les leçons qu’elle en a tirées.

Du présentiel aux classes virtuelles !

Classe virtuelle

Lorsque j’ai dû convertir mes formations présentielles en classes virtuelles en raison du confinement décidé brutalement le 13 mars, je me suis d’abord concentrée sur l’adaptation de mes approches pédagogiques aux outils à notre disposition. Puis, il a fallu choisir un espace dédié en tenant compte, entre autres, de l’arrière-plan et de l’éclairage …

Ma première classe virtuelle du confinement !

Une situation insolite !

Enfin prête, je démarre une formation interculturelle avec une équipe de 12 personnes. Leur manager est avec nous. Les participants allument leurs caméras et coupent leurs micros à ma demande. Je suis ravie car je parviens à voir tout le monde à l’écran, ce qui n’est pas toujours possible.

Je me présente comme d’habitude, puis commence à être déconcentrée et troublée par les mouvements de tête du manager : il ne cesse de gigoter de droite à gauche, puis de haut en bas, et parfois même disparaît presque de l’écran.

Perturbée, je m’inquiète craignant un malaise, donc je l’interroge en lui demandant si tout va bien, et s’il est bien installé. Visiblement embarrassé, il nous avoue alors qu’il est sur son vélo d’appartement et qu’il profite de cette formation pour faire sa séance de sport et palier aux problèmes de sédentarité causés par le confinement !

Amusée et surprise, je ne sais pas trop comment réagir, consciente qu’il s’agit du manager. Puis, comme pour nous prouver qu’il dit la vérité ou peut-être pour nous rassurer, il décide de diriger la caméra vers le bas pour nous montrer le vélo, sauf que le gros plan n’est pas dirigé sur le vélo mais sur le superbe mini short moulant qu’il porte. Il se rend compte très vite de son erreur et remet immédiatement la caméra au bon endroit.

Tout le monde éclate alors de rire, lui le premier. L’ambiance est donnée. Le reste de la formation se déroule sous le signe de la convivialité et de la bonne humeur. Moi qui cherchais un icebreaker !

Quelles leçons tirer de cette anecdote ?

1. Bien choisir l’espace dédié

Repenser sa notion de sphère privée quand on travaille de chez soi et donc choisir soigneusement l’espace dédié au télétravail.

Il est arrivé dans d’autres réunions que certains participants ne souhaitent pas allumer leur caméra pour des raisons de respect de leur vie privée et donc de leur intérieur.

En tant que franco-américaine, cela m’a un peu désarçonnée, car en effet aux États-Unis, en général, la maison est le prolongement de la sphère publique alors qu’en France, la maison fait partie de la sphère privée : les maisons américaines n’ont ni volets, ni rideaux, ni même de clôtures. On retrouve ces coutumes dans les pays d’influence protestante où l’on doit montrer que l’on n’a rien à cacher.

Heureusement l’outil que j’utilisais proposait de magnifiques arrière-plans pour résoudre ce problème. Bien sûr cette notion n’est pas que culturelle, mais peut aussi varier d’une personne à l’autre. Certains peuvent s’inquiéter d’être jugés en fonction de leur intérieur. Le manager de mon groupe ne semblait pas avoir cette crainte : peut-être est-ce le reflet de la culture de son entreprise, de son secteur d’activité (informatique), de son métier ou de son mode de management et de leadership ?

2. Prendre en compte l’ensemble du groupe

Ne pas oublier, surtout quand on ne voit pas tout le monde à l’écran, que nous sommes avec un groupe et qu’il y a de vraies personnes de l’autre côté de la caméra. Cette dernière est impitoyable et montre tout comme on l’a vu dans cette anecdote ou sur les réseaux sociaux durant le confinement.

Certains participants peuvent ainsi oublier que l’ensemble du groupe non seulement les regarde mais aussi les écoute. Ils peuvent par exemple avoir l’impression d’être dans un petit groupe de personnes qu’ils connaissent parce qu’ils les voient à l’écran et oublient qu’il y a en fait une deuxième page de petites vignettes de photos de personnes qu’ils connaissent peut-être moins bien.

Ils se sentent alors à l’aise pour tenir des propos qu’ils n’auraient jamais tenus en face de l’ensemble du groupe et encore moins en présentiel. Cela peut donner de l’assurance à certains participants et donc s’avérer positif, mais parfois cela peut avoir des conséquences négatives qu’on regrette ensuite.

3. Redéfinir son identité numérique

Enfin, le travail à distance oblige à redéfinir sa propre « identité numérique » ou l’image que l’on dégage en virtuel.

Est-ce que le manager de mon anecdote a choisi de grimper sur un vélo pour conserver l’énergie qu’il dégage et transmet habituellement en réunion présentiel avec ses équipes ?

En tout cas, à distance, il faut être conscient de sa communication qui demande plus d’attention et qui doit être délibérée. En effet, il n’a jamais été aussi important de soigner son articulation, de penser au volume de sa voix, de mesurer le rythme avec lequel on parle, et d’être conscient de sa gestuelle. Puis-je utiliser les mêmes gestes qu’en présentiel ? Est-ce que je bouge trop ? Est-ce que je parle trop vite ? Est-ce que mon charisme en présentiel disparaît en distanciel ? Est-ce que j’en fait trop ou pas assez ? Comment m’adapter à la situation ?

Il y a bien entendu d’autres leçons à tirer du travail à distance mais dans le cadre de cette anecdote, ces trois points m’ont paru essentiels à retenir.

Sylvie DAY, consultante Akteos, leader des formations interculturelles

Au sujet de l'auteur

Sylvie DAY

Sylvie DAY

Après 10 ans d’expérience en entreprises internationales, Sylvie Day est coach et consultante interculturelle depuis 20 ans. Elle anime des formations interculturelles en français et en anglais sur différents thèmes tels que l’accompagnement de cadres expatriés, la synergie d’équipes multiculturelles, la sensibilisation à l’interculturel, le leadership et le management à distance ou encore la prise de parole devant un public international et l’affirmation de soi. Elle a vécu 10 ans aux États-Unis et sa famille est franco-américaine.

Il y a 1 commentaire

  • Marie Saadi-Mercier dit :

    bravo : très bien présenté

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